Wend-end à Aracaju
Et non, je lâche pas l’affaire ! J’ai laissé en suspend le blog à la deuxième semaine de mon séjour, par manque de temps, mais j’ai pris pas mal de notes sur place et mes souvenirs sont intactes, je continue donc le récit de mes vacances depuis Paris (oui c’est triste mais je les notes sont de là-bas donc bon…). En plus, désormais plus de problème de photos, les mots sont maintenant illustrés.
Jeudi 28
Départ en début d’après-midi pour Aracaju avec les deux sœurs. Aracaju se situe à 4 heures de voiture environ au nord de Salvador. C’est la première fois depuis mon arrivée au Brésil que je sors de Salvador. Je suis loin d’être déçu, car hors de la ville c’est une autre facette du Brésil que je découvre.
Dès la sortie de la ville, la route, une sorte de nationale française, traverse une forêt tropicale, à la végétation luxuriante. Pour parachever le paysage nous longeons la mer. C’est magnifique, 400 km de ce paysage incroyable, qui me change bien de la grande ville.
Nous arrivons en fin d’après-midi chez les parents de Nara. Je suis encore une fois royalement accueilli. La maison est vraiment sympa, construite sur un étage, très spacieuse, avec un jardin qui regorge de plantes et d’oiseaux tropicaux. Le père, qui a un sérieux air de Danny de Vito, est comme Nara me l’avait décrit, un « hombre », assez froid au début (« qu’est-ce qu’il fout avec ma fille ce français ? »). Sans exagérer, et c’est bien la particularité de ce brave homme, il est impossible de le croiser sans qu’il ai une bière à la main, j’ai tout simplement jamais vu ça.
Entre nous deux ça se décoince assez vite, j’accepte les Caïpirinhas et bières qu’il me propose, et nos discussions tournent assez vite autour du foot, il en connaît un rayon, et avec moi il a trouvé un bon client qui lui renvoie la balle… on sympathise très vite. Pour couronner le tout il adore la musique, à fond dans la maison toute la journée, il me conseil quelques albums et chanteurs brésiliens (j’y reviendrai plus tard, y’a du bon…).
Le frère de 16 piges, très sympathique, est lui aussi très atypique, pour résumé : « il s’en bas les reins ». Il est 24h/24 sur son PC, on peut lui proposer n’importe quoi, il décline tout, il préfère un jeu qui semble dater du début des années 80, tant le niveau des graphismes est faible. J’ai passé de longues minutes à le regarder jouer, je n’ai jamais compris le but du jeu. Bref, il n’en est pas moins sympathique, je pourrais même dire qu’avec quelques années de différence en moins et plus de temps ensemble, on aurait pu devenir bons potes, lui et sa bande de potes, m’ont beaucoup rappelé mon adolescence, les filles en plus…
Le soir de ce premier jour, nous partons manger dans un couscous…. brésilien, ne vous imaginez rien, y’a pas de rapport avec le couscous marocain. Pour eux, le couscous c’est de la semoule mélangé avec un truc… pour exemple j’ai pris du fromage. Imaginez, la semoule perdue, noyée dans du fromage fondu… assez spéciale.
Après mangé (et pour éliminer) nous allons assisté à un concert de Chorinho : c’est magnifique ! Je connaissais cette musique d’un film/documentaire nommé « Brasileirinho ». J’avais vu ce film quelques années auparavant, un style de “Buena vista Social Club” mais au Brésil et avec le Chorinho. Pour plus d’info sur ce film, que je conseil vivement, et sur le Chorinho : http://www.cinelibre.be/scripts/Fr/Films.Fiche.cfm?id=868&Content=Interviews
Vendredi 29
Je repère une PlayStation dans le salon, avec le boîtier ISS (référence des jeux de foot pour ceux qui ne connaissent pas), ni une, ni deux, je défis le reufton, toujours planté devant son PC. Il me dit qu’il n’est pas très fort mais qu’il va appeler des amis « muito bom ».
Je convainc Nara de repousser de quelques… heures la visite d’Aracaju. Les amis arrivent… je suis loin d’être un boss à ce jeu mais j’ai mis la plus grosse série de déculottées de ma carrière.
La visite d’Aracaju peut donc commencer sereinement…
Difficile de décrire Aracaju, c’est assez tranquille, peut-être un peu trop. Je suis étonné par le nombre d’infrastructures sportives (terrains de foot, de basket, de tennis…) nouvellement construites, apparemment ça aurait un rapport avec le faite que la ville abrite en son sol du pétrole.
Le gros point positif de la ville c’est les plages, elles sont superbes, longues et larges, a-t-elle point qu’on se sent un peu seul. Les vagues sont énormes, j’en ai profité pour revisiter mes leçons de body surf de cet été à Bayonne.
Ce vendredi soir, restera comme un grand moment. Nous commençons la soirée dans un restau populaire, spécialisé dans les fruits de mer. J’ai pioché dans à peu près tout (crabes, beignets fourrés de crevettes, soupes…) : magnifique !
Un groupe d’amis d’enfance de Nara se joignent à nous (Nara est né et a grandie à Aracaju, elle est à Salvador pour ses études). La bière et
la Caïpirinhas coulent à flot, tout le monde commence à avoir le sourire. Je motive tout le monde pour émigré ailleurs. Y’a que Nara qui est partante, je lance une petite phrase qui va venir troubler l’orgueil de ce petit monde : « J’suis déçu, je pensais pas que c’était les français qui viendraient apprendre à faire la fête aux brésiliens ». Résultat tout le monde embarque en voiture.
Deux voitures prennent la direction de la fête, à l’arrivée une seule voiture, celle qui transportait Nara et moi. L’autre n’arrivera jamais. Sur le trajet, les autres ont finalement décidé de rentrer dormir, comme ça, sans prévenir. Faut faire abstraction de ça là-bas, c’est pas la première fois que je me mange un plan avec des brésiliens, je pense que le concept du rendez-vous n’a pas la même signification au Brésil, à tel point que le lendemain, à table, je suis passé pour un con, en disant que ce n’était pas des manières de faire, j’ai limite jeté un froid. Bon bref… Tant pis pour eux, Flora et son gars nous rejoignent et je prend mon premier cours de floro : j’ai kiffé !!
Je pense avoir été mauvais danseur, mais ce soir là, sous Caïpirinhas, j’étais le roi, au sommet de mon art!
Au bout d’un moment, tout le monde ressent le besoin de prendre un peu l’air. Quoi de mieux que la plage, qui se trouve à 10 mètres, dans ces moments là ?
Je résume la scène : 5 heures du matin, le jour se pointe à l’horizon, bain de minuit à Aracaju après un royal concert de Floro. Rien n’a rajouté, tout est dit, la vie est parfois délicieuse et offre des souvenirs, des images à jamais gravées, ce soir là c’était le cas.
Retour les yeux bas et le sourire large.
Pour être sur de bien dormir Nara nous lâche sa petite galette, normal, rien de grave, c’est gratuit.
Samedi 30
Réveil tardif et direction la praia, pour un bain de mer et de soleil.
Le soir, royal repas chez les parents de Nara. Les beaux parents et le beau frère de Flora sont conviés. Zak, le beau-frère, que j’avais pris pour quelqu’un de réservé et sérieux au premier abord est en fait, super extravertie, le genre qui anime un dîné, très bon le gars, beaucoup d’humour.
Ce dernier prend des cours de français, il bloque sur les chiffres 80 et 90 (4×20, 4×20+10)), il prend les français pour des êtres supérieurs en math, il pense que pour compter en français il faut savoir calculer. Il apprend également la prononciation, il bosse par exemple le « je » et le « j’ai ». Pour nous francophone, cela paraît quelque chose de naturel, autant pour les brésiliens c’est un vrai combat.
Les discutions tournent autour de la culture française et brésilienne, des a priori que les uns ont sur les autres.
Dimanche 31
Les brésiliens vont aux urnes pour choisir un successeur à Lula, sûrement lui-même d’ailleurs (à l’heure à laquelle j’écris ces lignes cela s’est confirmé). Ils choisissent dans le même temps les présidents des différents états. Pour résumer, c’est un gros bordel vu le nombre de candidats (j’en ai même rencontré un à Rio lors d’un repas chez une amie, ce dernier n’a pas eu beaucoup de succès d’ailleurs).
Quand je dis qu’ils vont aux urnes, techniquement ce n’est pas le cas, le temps des urnes est révolu au Brésil. Le pays est un des premiers pays au monde à utiliser des boîtiers électroniques pour voter, tout les boîtiers sont reliés à un centrale qui comptabilise les votes des 184 millions de brésiliens (moins les – de 18 ans). A noté que le vote est obligatoire au Brésil, pas d’abstention possible.
Ce matin, j’accompagne donc les deux sœurs voter. Ensuite, aprèm sportive, à base de foot sur la plage et de body surf, les vagues sont idéales pour ce sport, de bonnes sensations… nous rentrons en fin d’aprèm, usés par tout ce sport.
Arrivée à la baraque je croise le frère qui sort faire un foot, il me propose de venir… j’suis mort mais j’y vais, trop obligé de représenter.
Il m’emmène sur un terrain en bitume où tout le monde joue pied nue, bien sur je fais de même… j’ai mis deux jours à m’en remettre.
Le soir, on se calle devant « La cité de dieu », ça tombe bien dans deux jours je suis à Rio.
Lundi 1er Octobre
Retour sur Salvador, avec une escale à Porto de Forte. C’est une plage paradisiaque au milieu de la forêt tropicale.
C’est tellement beau que dans les années 60-70 les hippies en ont fait leur QG. Malheureusement les sympathiques hippies, sveltes, purs et proches de la nature sont aujourd’hui remplacés par un débarquement quotidien d’américains bedonnants et retraités (bon ça on peut pas leur en vouloir). Ils viennent dépensés leur dollars dans des complexes hôteliers construits les pieds dans l’eau. A l’origine le lieu devait être magnifique, c’est sur, mais aujourd’hui c’est à gerber.
Le soir, j’organise mon départ du lendemain, pour Rio…
4 commentaires jusqu'à maintenant
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Yo,
Dis moi, dans l’ordre chronologique des évennements, ton blog doit-être pris dans quel sens ??? C’est dans le même ordre que tes photos ??? Si Si.
Bon j’avoue que j’ai lu en diagonale mais il me semble ne pas avoir vu l’histoire des gens sympathiques de Rio qui t’ont invités au resto quand t’étais perdu !!!
C’est bête, les gens loupent le meilleur là !!!
Les photos ça arrivent, c’est pour faire languire.
L’histoire des mecs du restau c’est pour bientot dans mon recit de Rio, quoique j’hesite c’est trop malsain.
Et le sens, t’es cons ou koi, y’a les dates.
Moi je retiens deux choses :
* Dans ton adolescence yavait pas de filles
* Que tu te la racontes toujours autant a PES
Sinon continue STP, ca me donne encore plus envie de partir la enflure…
Merci pour ce billet
C´est en cherchant sur Google un article écrit en français que je suis tombée sur cette sympathique impression de voyage… Mes étudiants ( j´enseigne le français à l´Université Fédérale de Sergipe )seront ravis et pourront apprécier le style jeune, branché et les bonnes paroles sur leur ville ( ils en sont fiers et complexés en même temps ). Je pense que je connais Zak, le kiné qui prend des leçons de français à l´AF. à part quelques fautes d´ortographes, tu écris trés bien et ton carnet de voyage sera lu en classe.
Bonne route,
Fanny