Wend-end à Aracaju
Et non, je lâche pas l’affaire ! J’ai laissé en suspend le blog à la deuxième semaine de mon séjour, par manque de temps, mais j’ai pris pas mal de notes sur place et mes souvenirs sont intactes, je continue donc le récit de mes vacances depuis Paris (oui c’est triste mais je les notes sont de là-bas donc bon…). En plus, désormais plus de problème de photos, les mots sont maintenant illustrés.
Jeudi 28
Départ en début d’après-midi pour Aracaju avec les deux sœurs. Aracaju se situe à 4 heures de voiture environ au nord de Salvador. C’est la première fois depuis mon arrivée au Brésil que je sors de Salvador. Je suis loin d’être déçu, car hors de la ville c’est une autre facette du Brésil que je découvre.
Dès la sortie de la ville, la route, une sorte de nationale française, traverse une forêt tropicale, à la végétation luxuriante. Pour parachever le paysage nous longeons la mer. C’est magnifique, 400 km de ce paysage incroyable, qui me change bien de la grande ville.
Nous arrivons en fin d’après-midi chez les parents de Nara. Je suis encore une fois royalement accueilli. La maison est vraiment sympa, construite sur un étage, très spacieuse, avec un jardin qui regorge de plantes et d’oiseaux tropicaux. Le père, qui a un sérieux air de Danny de Vito, est comme Nara me l’avait décrit, un « hombre », assez froid au début (« qu’est-ce qu’il fout avec ma fille ce français ? »). Sans exagérer, et c’est bien la particularité de ce brave homme, il est impossible de le croiser sans qu’il ai une bière à la main, j’ai tout simplement jamais vu ça.
Entre nous deux ça se décoince assez vite, j’accepte les Caïpirinhas et bières qu’il me propose, et nos discussions tournent assez vite autour du foot, il en connaît un rayon, et avec moi il a trouvé un bon client qui lui renvoie la balle… on sympathise très vite. Pour couronner le tout il adore la musique, à fond dans la maison toute la journée, il me conseil quelques albums et chanteurs brésiliens (j’y reviendrai plus tard, y’a du bon…).
Le frère de 16 piges, très sympathique, est lui aussi très atypique, pour résumé : « il s’en bas les reins ». Il est 24h/24 sur son PC, on peut lui proposer n’importe quoi, il décline tout, il préfère un jeu qui semble dater du début des années 80, tant le niveau des graphismes est faible. J’ai passé de longues minutes à le regarder jouer, je n’ai jamais compris le but du jeu. Bref, il n’en est pas moins sympathique, je pourrais même dire qu’avec quelques années de différence en moins et plus de temps ensemble, on aurait pu devenir bons potes, lui et sa bande de potes, m’ont beaucoup rappelé mon adolescence, les filles en plus…
Le soir de ce premier jour, nous partons manger dans un couscous…. brésilien, ne vous imaginez rien, y’a pas de rapport avec le couscous marocain. Pour eux, le couscous c’est de la semoule mélangé avec un truc… pour exemple j’ai pris du fromage. Imaginez, la semoule perdue, noyée dans du fromage fondu… assez spéciale.
Après mangé (et pour éliminer) nous allons assisté à un concert de Chorinho : c’est magnifique ! Je connaissais cette musique d’un film/documentaire nommé « Brasileirinho ». J’avais vu ce film quelques années auparavant, un style de “Buena vista Social Club” mais au Brésil et avec le Chorinho. Pour plus d’info sur ce film, que je conseil vivement, et sur le Chorinho : http://www.cinelibre.be/scripts/Fr/Films.Fiche.cfm?id=868&Content=Interviews
Vendredi 29
Je repère une PlayStation dans le salon, avec le boîtier ISS (référence des jeux de foot pour ceux qui ne connaissent pas), ni une, ni deux, je défis le reufton, toujours planté devant son PC. Il me dit qu’il n’est pas très fort mais qu’il va appeler des amis « muito bom ».
Je convainc Nara de repousser de quelques… heures la visite d’Aracaju. Les amis arrivent… je suis loin d’être un boss à ce jeu mais j’ai mis la plus grosse série de déculottées de ma carrière.
La visite d’Aracaju peut donc commencer sereinement…
Difficile de décrire Aracaju, c’est assez tranquille, peut-être un peu trop. Je suis étonné par le nombre d’infrastructures sportives (terrains de foot, de basket, de tennis…) nouvellement construites, apparemment ça aurait un rapport avec le faite que la ville abrite en son sol du pétrole.
Le gros point positif de la ville c’est les plages, elles sont superbes, longues et larges, a-t-elle point qu’on se sent un peu seul. Les vagues sont énormes, j’en ai profité pour revisiter mes leçons de body surf de cet été à Bayonne.
Ce vendredi soir, restera comme un grand moment. Nous commençons la soirée dans un restau populaire, spécialisé dans les fruits de mer. J’ai pioché dans à peu près tout (crabes, beignets fourrés de crevettes, soupes…) : magnifique !
Un groupe d’amis d’enfance de Nara se joignent à nous (Nara est né et a grandie à Aracaju, elle est à Salvador pour ses études). La bière et
la Caïpirinhas coulent à flot, tout le monde commence à avoir le sourire. Je motive tout le monde pour émigré ailleurs. Y’a que Nara qui est partante, je lance une petite phrase qui va venir troubler l’orgueil de ce petit monde : « J’suis déçu, je pensais pas que c’était les français qui viendraient apprendre à faire la fête aux brésiliens ». Résultat tout le monde embarque en voiture.
Deux voitures prennent la direction de la fête, à l’arrivée une seule voiture, celle qui transportait Nara et moi. L’autre n’arrivera jamais. Sur le trajet, les autres ont finalement décidé de rentrer dormir, comme ça, sans prévenir. Faut faire abstraction de ça là-bas, c’est pas la première fois que je me mange un plan avec des brésiliens, je pense que le concept du rendez-vous n’a pas la même signification au Brésil, à tel point que le lendemain, à table, je suis passé pour un con, en disant que ce n’était pas des manières de faire, j’ai limite jeté un froid. Bon bref… Tant pis pour eux, Flora et son gars nous rejoignent et je prend mon premier cours de floro : j’ai kiffé !!
Je pense avoir été mauvais danseur, mais ce soir là, sous Caïpirinhas, j’étais le roi, au sommet de mon art!
Au bout d’un moment, tout le monde ressent le besoin de prendre un peu l’air. Quoi de mieux que la plage, qui se trouve à 10 mètres, dans ces moments là ?
Je résume la scène : 5 heures du matin, le jour se pointe à l’horizon, bain de minuit à Aracaju après un royal concert de Floro. Rien n’a rajouté, tout est dit, la vie est parfois délicieuse et offre des souvenirs, des images à jamais gravées, ce soir là c’était le cas.
Retour les yeux bas et le sourire large.
Pour être sur de bien dormir Nara nous lâche sa petite galette, normal, rien de grave, c’est gratuit.
Samedi 30
Réveil tardif et direction la praia, pour un bain de mer et de soleil.
Le soir, royal repas chez les parents de Nara. Les beaux parents et le beau frère de Flora sont conviés. Zak, le beau-frère, que j’avais pris pour quelqu’un de réservé et sérieux au premier abord est en fait, super extravertie, le genre qui anime un dîné, très bon le gars, beaucoup d’humour.
Ce dernier prend des cours de français, il bloque sur les chiffres 80 et 90 (4×20, 4×20+10)), il prend les français pour des êtres supérieurs en math, il pense que pour compter en français il faut savoir calculer. Il apprend également la prononciation, il bosse par exemple le « je » et le « j’ai ». Pour nous francophone, cela paraît quelque chose de naturel, autant pour les brésiliens c’est un vrai combat.
Les discutions tournent autour de la culture française et brésilienne, des a priori que les uns ont sur les autres.
Dimanche 31
Les brésiliens vont aux urnes pour choisir un successeur à Lula, sûrement lui-même d’ailleurs (à l’heure à laquelle j’écris ces lignes cela s’est confirmé). Ils choisissent dans le même temps les présidents des différents états. Pour résumer, c’est un gros bordel vu le nombre de candidats (j’en ai même rencontré un à Rio lors d’un repas chez une amie, ce dernier n’a pas eu beaucoup de succès d’ailleurs).
Quand je dis qu’ils vont aux urnes, techniquement ce n’est pas le cas, le temps des urnes est révolu au Brésil. Le pays est un des premiers pays au monde à utiliser des boîtiers électroniques pour voter, tout les boîtiers sont reliés à un centrale qui comptabilise les votes des 184 millions de brésiliens (moins les – de 18 ans). A noté que le vote est obligatoire au Brésil, pas d’abstention possible.
Ce matin, j’accompagne donc les deux sœurs voter. Ensuite, aprèm sportive, à base de foot sur la plage et de body surf, les vagues sont idéales pour ce sport, de bonnes sensations… nous rentrons en fin d’aprèm, usés par tout ce sport.
Arrivée à la baraque je croise le frère qui sort faire un foot, il me propose de venir… j’suis mort mais j’y vais, trop obligé de représenter.
Il m’emmène sur un terrain en bitume où tout le monde joue pied nue, bien sur je fais de même… j’ai mis deux jours à m’en remettre.
Le soir, on se calle devant « La cité de dieu », ça tombe bien dans deux jours je suis à Rio.
Lundi 1er Octobre
Retour sur Salvador, avec une escale à Porto de Forte. C’est une plage paradisiaque au milieu de la forêt tropicale.
C’est tellement beau que dans les années 60-70 les hippies en ont fait leur QG. Malheureusement les sympathiques hippies, sveltes, purs et proches de la nature sont aujourd’hui remplacés par un débarquement quotidien d’américains bedonnants et retraités (bon ça on peut pas leur en vouloir). Ils viennent dépensés leur dollars dans des complexes hôteliers construits les pieds dans l’eau. A l’origine le lieu devait être magnifique, c’est sur, mais aujourd’hui c’est à gerber.
Le soir, j’organise mon départ du lendemain, pour Rio…
Semaine 2
- Vendredi 22
La journée commence par la recherche d’un restau reputé dans la région. Nara, une voisine (l’immeuble regorge de jeunes étudiantes, dû à la proximité d’une Université) et moi traversons tout Salvador, afin de débusquer ce restau dont la réputation s’est faite par le bouche-à-oreilles. Nous nous arretons plusieurs fois pour demander la route, tant le restau est isolé.
Nous nous arretons enfin dans ce qu’on pourraît appeler “une gentille favelas”. L’endroit est étrange pour un restau réputé. A l’interieur les gens sont les uns sur les autres sur des tables et des sièges en plastiques (courant dans les bars et restaus d’ici). La réputation du restau m’est vite confirmé par l’afluence et la convivialité qui reigne ici. Dans cet endroit si reculé de Salvador se cotoie toutes les souches de la population : hommes d’affaire en costard, les gens du quartier, et quelques touristes. Nous commandons poissons et gambas, accompagnés bien sur du riz et des haricots, on nous amène avec, quelques sauces qui font toutes la difference…. Pour reprendre l’expression d’un fin gourmet “c’etait divin!”. Rien à dire le restau mérite sa réputation, on s’est promis d’y retourner.
Pour continuer dans l’ambiance bahianaise, nous allons digèrer sur la plage, à l’aise…
Le soir, Manuela passe me chercher, on va fêter l’anniversaire d’une de ses copines dans un bar, soit-disant “coté” de la ville. Bof, à vrai dire, je me suis fait chier à partir du moment où un groupe de musiciens s’est mis à jouer, c’était pas terrible et impossible de communiquer avec le bruit.
- Samedi 23
J’arrète de faire le con, et je suivrai toujours TOUT les conseils de Nara… le wend-end mieux vaut éviter la plage du centre de Salvador, à bário Barra : c’est bondé de chez bondage. Pour couronner le tout, y’avait un show de Jet ski, sono à fond, affreux.
Heureusement, le coucher de soleil remet les choses en place, y’a moins de monde et un coucher de soleil pas trop loin de l’équateur, c’est quelque-chose d’unique. Déjà c’est beau, et puis, toute la plage fête la chute du soleil à l’horizon par des cris, des applaudissements, des feux d’artifices. Bonne ambiance.
Le soir, nous sortons tous pour la fête de depart d’Emilie, une amie de Nara. Emilie va passer un an en Europe alors qu’elle est jamias sortie de Bahia, bon courage, tu vas voir ça change. Le jour où elle est venue chez Nara s’équiper de vêtements chauds, c’était marrant à voir, c’était tout un cérémonial, on aurai dit qu’elle s’équipait pour aller sur la lune. J’ai eu droit à pas mal de questions sur les conditions météos de notre continent. Pour info, Emilie va à Grenada, je l’ai invité chez moi pour le jour de l’an.
Ce soir là, j’ai encore bouffé comme un porc (pas d’autre mot), à chaque fois que je sors tout le monde m’encourage à essayer toutes les spécialitées du coin, je dois dire que je suis jamais déçu.
- Dimanche 24
Je suis invité à passer la journée (et surtout à manger) chez ‘les français”, plus précisement dans la maison du père à Seb (le pote de Math).
JC, le père de Seb, est donc un français… euh, non, pardon, un Corse (y’a le drapeau à l’entrée, pas possible de se tromper). Ce monsieur est un courtier en assurance à la retraite, qui à rencontré une brésilienne, Joseanne, sur Paris. Les deux ont décidé de venir s’établir à Salvador, ils sont là depuis janvier. D’après ce que j’ai vu, ils se la coulent douce, la France à pas l’air de leur manquer, bien que JC ne parle que très peu le portugais. Le couple est installé dans une charmante résidence à deux min de la plage d”Itapua, à 45 min en voiture du centre de Salvador.
Au moment où j’arrive, une partie de la résidence est sur la terrace de l’appart de JC, tout le monde chante en l’honneur de l’anniversaire de Joseanne, ça résume bien l’ambiance de la résidence. Après les présentations, nous fillons à la plage.
Nous revenons prendre l’apéro, je discute avec JC, nous discutons de la Corse, il me dit que si il revient, il se lance en politique pour “assainir le milieu”. Nous parlons donc pas mal politique, corse, française et brésilienne, três interessant. Tout y passe, la corruption en Corse, le fait que le Brésil est un pays d’avenir, du fatalisme des habitants des favelas (d’après eux si ils sont pauvres c’est dieu qu’il l’a souhaité). Pour info, les habitants des favelas representent 70% de la population de Salvador… imaginez une revolution…
Nous passons à table, la réputation de la cuisine de Joseanne se confirme belle et bien, en qualitée et en quantitée…
Quand nous sortons de table il fait déjà nuit, Flora qui m’a accompagné, me presse le pas pour partir, nous avons rendez-vous à un concert, où joue un des potes de Nara, Jimmy, il est batteur. Nous quittons donc la petite bande de français, décidement bien sympathique…
Le concert n’est pas à mon goût, c’est pas trop mon style d’ambiance et de musique. En sortant de scène, Jimmy me présente sont tatoueur, depuis que j’ai rencontré Jimmy, une semaine avant, il tient absolument à ce que je me fasse tatouer, je comprend toujours pas pourquoi…
- Lundi 25
Je pars en footing jusqu’au zoo de Salvador, c’est gratuit et il paraît que c’est vraiment à faire, y’a pas mal d’espèces d’Amazonie.
Arrivé là-bas, je me mange un stop, le zoo est fermé le lundi… Pas grave je reviendrai demain. Je fini l’aprèm à regarder des ados jouer au foot, il oppose des filles à des garçons, résultats : 15-5 pour les filles…
- Mardi 26
Refooting en direction du zoo accompagné de Nara. On fait un crochet par son Université, que je voulais voir, je me fais sympathiquement raccompagner à la sortie parce que je suis torse-nu.
Nous poursuivons vers le zoo, cette fois c’est ouvert mais impossible de rentrer parce que… je suis torse-nu… A Salvador y’a toujours le plan B : la plage.
L’aprem, j’ai rdv avec Anne-Sophie, pour me faire un deuxième tour du Pelourinho, enfin, la partie qu’on a pas encore faite, la moins touristque, donc reputée la plus dangeureuse. En effet, on a croisé aucun touriste. Pour ce qui est du danger je cherche encore. Au contraire, nous avons croisé un paquet de brésiliens vraiment sympas qui prennent le temps de parler avec le sourir et puis le tour que nous avons fait, peu de touristes le fond. C’est pourtant pour moi la plus belle partie du quartier. Comme quoi… mieux vaut vérifier par soit-même les rumeurs (oui, oui, même en mettant sa vie en jeu).
Le soir, restau jamaïcain, plutôt pimenté… Manuela nous rejoint pour prendre un verre sur la place principale.
Superbe journée, je suis cuit.
- Mercredi 27
Ce jour contraste avec la veille, il a plu toute la journée. Je me suis levé tard, rien de spé, j’ai chomé.
La suite au prochaine épisode…
A venir : demain, jeudi 27, départ en voiture pour Aracajù, à 4h au nord de Salvador. On va chez les parents de Nara et Flora. Elles doivent se rendre là-bas pour voter pour les présidentielle et les régionales (les deux en même temps ici, et obligation de voté pour tout le monde!). Ensuite, mardi 3 octobre, départ pour 6 jours à Rio, logé chez un ami de Nara. Youpi!
Semaine 1
Un peu plus d’une semaine que je suis ici, c’est passé tellement vite que je n’ai pas pu mettre à jour le blog comme je l’esperais. J’aurais également voulu mettre des photos mais c’est presque mission impossible avec le PC de Nara, enfin je lache pas l’affaire… Voici ce qui c’est passé jour après jour depuis mon arrivée :
- Vendredi 15
Comme je l’ai dit précédemment j’ai été accueilli comme un roi à l’aéroport. Nara, sa soeur Flora et Ian le petit ami de celle-ci et moi-même avons filé directement à l’apparte des deux soeurs, apparte dans lequel je vais passer un mois. La traversée de l’aéroport à l’appart, situé en plein coeur de la ville fut d’une heure, ce qui en dit long sur l’étendue des villes brésiliennes. Le soir j’ai retrouvé Claudia et Sandra, deux brésiliennes que j’ai rencontré durant mon Erasmus à Madrid. J’ai aussi, pour la première fois, découvert le Guaraná Antartica et l’acarajé, une boisson brésilienne et un plat typique de la région, j’y reviendrai un peu plus tard…
- Samedi 16 et Dimanche 17
Départ avec Nara pour un week-end en banlieue de Salvador (après un petit crochet par le magazín Havaianas, où je m’achète deux paires de tongues). On est accueilli dans l’énorme baraque d’un ami de Nara, une dizaine de personnes sont déjà là quand on arrive. Je suis présenté à tout le monde comme le français qui est ici pour un mois. J’ai le droit à un “bonjour Zizou”, de part mon niveau de portugais, je ne peux répondre qu’avec le sourire… Très vite je sympathise avec une fille qui parle espagnol, d’ailleurs pour communiquer avec moi tout le monde reprend ses notions d’espagnol, ils sont vraiment cool.
Je découvre donc la vie de la jeune classe haute brésilienne, tout le monde ici étudie l’architecture ou la médecine. Ils ont plutôt la vie belle ces jeunes, à base de journée à la plage ou à la piscine, cocktail en main sur un fond de musique brésilienne.
Le samedi soir, les bouteilles sont sorties, au menu : jeu d’alcool et danse sur des musiques brésiliennes, un style de lambada. Je suis surpris par l’engoument de tout le monde, ici pas de timide assit qui regarde les autres danser, tous connaîssent par coeur les paroles des chansons et les pas de danses.
Je passe là nuit à la baraque. Le lendemain, direction la plage, c’est l’occupation des habitants de Salvador le dimanche, ils y passent toute leur journée en famille ou entre amis, à boire et à manger.
- Lundi 18
Je décide en fin d’aller me ballader dans Salvador, je vais pas très loin parce que je suis surpris par la pluie… tropicale. J’ai jamais vu ça de ma vie, la ville s’arrête de vivre le temps de l’averse, j’ai cru que les batîments allaient s’écrouler tellement il pleuvait fort.
J’ai donc stopper ma balade, j’en ai profité pour appeler pour la première fois Math, on se donne rdv pour lendemain dans le centre de Salvador.
Je dois rentrer à l’apparte, j’ai promis à Nara de regarder avec elle le championnat du monde de basket feminin, le Brésil joue.
Le soir, je retrouve Manuela, une brésilienne rencontrée sur le Concorde-Atlantique à Paris… elle vit à Salvador, elle est étudiante en médecine. Lorsque je l’ai rencontré elle était en stage dans un hopital parisien pour 4 mois.
Nous allons boire un verre à
la Marina de Bahia, un lieu assez chic, les pieds dans la mer.
- Mardi 19
Je pars faire un footing, jusqu’à la plage de Barra, la plus belle de Salvador. Je fais la connaîssance de trois mecs de mon âge qui s’amuse à plonger du haut d’un pontont, assez risqué, je m’essaye mais de moins haut que eux, j’ai encore un mois de vacances devant moi… En parlant avec eux, j’apprend qu’ils vivent dans la rue (ça m’aide un peu à comprendre pourquoi ils ont tant de cicatrices sur le corps…). Je pousse un peu la discution, je leur demande comment ils font pour vivre, pour manger :”on prend des cartons quand il pleut, et on se débrouille pour avoir de l’argent et pour manger”, Il conclut en haussant les épaules, avec un grand sourir “pas de problème, on a rien à part la vie”… Grande leçon.
Le soir direction le Pélourinho, le centre de Salvador, le quartier touristique. J’ai rdv avec Mat et ses potes, viennent également quelques copines de Nara.
Je rencontre donc Mat pour la première fois, super sympa dès le premier abord, il me présente Seb et Ricardo, un brésilien (je parlerai de chacun d´eux plus tard, y’a pas mal de chose à dire…). Par leur intermediaire je rencontrerai Anne-Sophie, une française étudiante à Science-po, qui est ici depuis deux mois dans le cadre de ses études. Elles rédige un mémoire sur la campagne présidentielle brésilienne.
Nous assistons á un show qui se déroule tout les mardis, à base de concerts, pas mal du tout! Le cloud de la soirée c’est l’arrivée d’Olodum, groupe légendaire, qui à notament joué dans un clip de Michael Jackson (le clip est tourné à Salvador il me semble). Olodum c’est un groupe de percutionistes, ça déchire, tout le monde est á fond dedans, ça danse, ça crie, ça chante.
- Mercredi 20
Plus trop de souvenir de ce jour là, ce qui est sur c’est que je suis allé à la plage…. normal.
- Jeudi 21
J’ai motivé Nara pour venir courir avec moi jusqu’à la plage, on passe la matinée là-bas.
L’aprèm, j’ai rdv avec Anne-Sophie pour une visite du Pelourinho de jour. C’est assez touristique, mais ça vaut le coût, c’est vraiment jolie. On s’arrete dans une église, on s’assoit, on parle un peu, tout les sujets y passent, pas mal de politique vu ses études. On est viré par un “fanatique”, il nous reproche à coup de grand geste de rigoler trop fort, on s’en va donc pour le laisser méditer en “paix”.
Quand on sort il fait nuit (ici la nuit tombe à 18h, c’est assez déstabilisant au début, mieux vaut se lever tôt pour profiter des journées, c’est pas vraiment mon habitude). Après avoir manger dans un super restau, on va assister à la projection d’un court métrage sur Pierre Verger, un français très connu au Brasil pour ses photos. On arrive trop tard, le documentaire est déjà terminé, pas grave y’a un cocktail de prévu. C’est ambiance intello, y sont présent l’élite artistique de Salvador, c’est en tout cas ce que suggère leur style vestimentaire.
Au cours de ce cocktail, Anne-Sophie me présente un curieux personnage. C’est un ex-economiste, à la retraite, 79 ans, três bien conservé, cultive, interessant mais très lent, le moindre geste peu prendre plusieurs minutes. Je lui demande si il peut me raccompagner jusqu’à chez moi en voiture, après s’être renseigné sur la distance, il accepte. Avant de partir, je lui propose d’aller prendre une bière…. je ne sais pas encore dans quoi je m’embarque…. Anne-Sophie auraît du me prevenir… Le bonhome est en effet un grand habitué des bars de Salvador, il a la descente facile et il connaît notamment un gars qui possède plusieurs bars sur Salvador, je vais pas tarder à en profiter… Au début je trouve ça cool. On stationne dans un bar, il me paie quelques bières, on discute et on s’en va, ça tombe bien je commençait à être mort moi. On prend la voiture direction chez moi, le conducteur n’est pas très rassurant (je rappel qu’il est très lent et qu’il a ingurgité quelques bières). Je lui indique ma rue, il me dit Ok. C’est bizarre la route qu’il prend n’est pas vraiment la mienne… on traverse tout Salvador, le bonhome avait oublié de me préciser qu’il avait encore soif… On s’arrête donc dans un des bars de son grand (ou gros, ou enorme, il doit faire 200kg) ami, le patron de la chaine de bar. C’est repartie pour plusieurs levés de coude, moi je suis mort et je veut rentrer chez moi, mais je suis dépendant de se petit veillard qui adore la bière….
Bon heureusement, à un moment, il se fatigue et on ventrera chez moi. Ouf!! Quelle longue journée ou nuit (elle est tombée à 18h, il est 4h du mat.).
La suite au prochaine épisode…
Sécurité!!!
C’est apparement le mot d’ordre ici. Les conseils ou les histoires de vols (ou de meurtres) des gens que j’ai rencontré et les gestes du quotidien des brésiliens font apparaître qu’il y’a un gros problème d’insécurité ici, j’y étais préparé mais le vivre surprend un peu.
La première chose que Nara m’a dit avant ma première sortie dans la rue c’est de ne pas sortir avec beaucoup d’argent, de retirer par petite somme au distributeur de billet et de ne pas aller dans certains endroit la nuit.
Deuxième chose qui peut étonner, c’est qu’il y’a pas vraiment de police ici, quand il y’en a c’est tout simplement des militaires armés avec du matériel lourd.
La nuit, les feux rouges n’existent pas (comme y’a pas de police, ça pose pas de problème). Les gens préfèrent risquer l’accident que de s’arreter à un feux et de se faire braquer…
Pour le moment ça me paraît disproportionné. J’ai quand même rangé mes baskettes qui coûtent le SMIC ici, et essais de rester le plus sobre possible dans mon apparence même si j’suis fiché comme européen dans la rue, par ma couleur de peau et ma coiffure de métro-sexuel selon Nara… Et c’est vrai que les occidentaux se repèrent comme le nez au milieu de la figure dans la rue.
Comme je le dit ça me paraît exagèré, je sors pas mal, j’ai même confié mes pompes à un mec sur la page, j’ai jamais eu de problème.
Premières impressions
Voilà c’est mon premier post depuis salvador, 5 jours après mon arrivée, j’ai déjà pas mal de choses à raconter…
Le vol s’est super bien passé j’ai dormi presque tout le long. Mon accueil à l’arrivée résume bien l’esprit brésilien, Nara, sa soeur et le petit ami de celle-ci étaient là à m’attendre grand sourir au bec, tout le monde s’est déplacé pour me souhaiter la bienvenue, de la gentillesse à l’état pure…
La traversée de la ville pour aller de l’aéroport jusqu’à chez Nara était assez déboussolante, mille mots ou une photo ne pourront pas résumer ce que j’ai vu. Rien à voir avec l’Europe. Avec mes yeux d’européens beaucoup de choses ici m’ont semblé comment dire… anarchiques. Ce qui choque au premier abord c’est l’extrème pauvretée d’une grande partie de la population brésilienne. Je dis bien une partie parce qu’il y’a un immense faussé entre la classe moyenne et les pauvres, qui n’ont vraiment rien. Cet immense faussé est symbolisé par les favelas (souvent des abris en tôle, ou en ciment qui donnent l’impression d’avoir été construites en quelques heures, à l’arrache) qui sont implantés au milieu des immeubles “normaux”. Je pense que durant tout mon séjour, je n’arriverai pas à me faire à cette extrème pauvreté. Voir un enfant de 4 ans errer seul dans la rue, sans pompe, sans hygiène de base, aussi bien le jour comme la nuit me fera toujours autant mal au coeur et me permettra de relativiser sur mes problèmes et sur notre condition de vie en Europe.
Un autre point qui malheureusement peut m’etonner, c’est l’extrême gentillesse des gens. Ici pas de politesse imposé par l’éducation mais simplement de la gentillesse pure et sincère. Ça fait du bien…
PS : je me bat avec le PC de Nara pour y mettre mes photos.
H-1
Il est 4h12 du matin, je viens de me matter le dernier épisode de la saison 2 de Lost… J’suis un peu pertubé…
J’ai prévu de me lever à 4h45 pour être à Orly vers 6h, mon avion décole à 7h40. Ba en fait, je crois que je vais pas me lever parce que je vais pas me coucher. Finalement c’est mieux comme ça, je dormirai dans l’avion.
Comme d’hab’ j’ai galeré pour faire ma valise et comme chaque grand depart en vacances j’ai l’impression d’avoir oublié un truc, pourtant j’ai tout je crois : passeport, ma collection de cd, des magazines, mes bouteilles de vin français comme cadeau et puis Nara est au courant de l’heure de mon arrivée à Salvador : 14h30, heure de là bas. Bon, en fait c’est bon je crois. Bien sur y’a toujours la peur de se tromper de terminal à l’aéroport ou que la reservation Opodo soit foireuse…
Bon on vera!!
Y’a du bruit en bas, c’est mon père , il est déjà debout lui aussi, c’est lui qui m’accompagne à Orly. Apparement mon départ ne stress pas que moi…
J’me dis que la prochaine fois que je post sur le blog c’est de Bahia, et ça, ça me motive pour aller sous la douche!!
Au fait, ils sont arrivés comment sur leur île les réscapés de Lost??
Un peu de compagnie
J’ai créé ce blog un peu pour m’amuser, aussi pour laisser une trace et j’étais bien obligé après mes 5 mois de stage dans l’agence à la pointe du « bloggisme »…
J’ai découvert une autre vertu à la création de blog, peut-être la principale : je suis rentré en contact avec des gens. Moi qui crache abondamment sur tous ce qui est rencontre virtuelle, en particulier sur les sites de rencontre du type Meetic, je dois avouer qu’il y’a un coté pratique du net pour mettre en relation des gens qui peuvent avoir un centre d’intérêt commun.
En effet, deux personnes sont tombées sur mon blog « par hasard » et mon laissées un commentaire, je les ai recontacté par la suite. Il se trouve que ces deux personnes vont à Salvador à la même période que la mienne. Pour moi qui part seul, qui ne connaît que deux personnes sur place et qui ne parle pas un mot de portugais, ces deux contacts peuvent s’avérer fort intéressant.
Je donne donc rendez-vous à Mat, qui part à la recherche d’artistes brésiliens et à Antoine et son pote.
Pays métisse
Quand j’étais plus jeune, j’étais étonné par les différentes couleurs de peau des joueurs qui composaient l’équipe brésilienne de foot, je trouvais ça très singulier pour un pays d’Amérique du sud.

En effet, les colons blancs européens, les esclaves noirs africains et les indiens qui vivaient là avant l’époque coloniale, ont donné un visage très métissé au Brésil (blancs 53% ; métis 39% ; noirs 6% ; asiatiques 1% ; indiens 1%).
Le métissage est tel qu’il existe une cinquentaine d’adjectif différents qui désigne les différents nuances de couleurs de peau qui existent. ( « caboclo » : métisse de blanc et d’indien, « mulato » : métisse de noir et de blanc, « cafuzo » : métisse de noir et d’indien…).
Le fait que les portugais, à l’époque de la colonisation, ne reprimèrent pas les relations interraciales, en raison d’un manque de femmes, est une des explications historiques de ce fort taux de métissage.
D’après ce que j’ai pu lire, Salvador est l’incarnation type de ce métissage brésilien : « cette cité a su conserver son âme africaine et développer le meilleur se son héritage colonial dans une synthèse unique ».
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